Scandale environnemental au Hohneck
Quelle surprise lorsque j’ai découvert au mois d’août dernier la plaie ouverte dans la chaume du Hohneck sur le terrain situé derrière l’auberge du Pied du Hohneck. Renseignements pris, je tombais des nues quand on m’expliqua qu’il s’agissait de la réalisation d’un circuit de BMX appelé aussi « pumptrack » construit par le propriétaire de l’auberge.
Ce circuit d’une surface de 460m2 a été construit en totale illégalité, aucune déclaration de travaux, pourtant obligatoire pour cette surface, n’a été déposée à la mairie de La Bresse. De plus, le circuit est situé en zone « Natura 2000 » dans un site classé, le Parc des Ballons des Vosges qui gère les espaces « Natura 2000 » a lui aussi été mis devant le fait accompli.
Aujourd’hui les administrations, les collectivités et les associations concernées se sont saisies du dossier, mais il semble que du côté des administrations les choses n’avancent pas vite et déjà quelques associations ont envisagé de porter l’affaire en justice. Il est clair qu’un tel équipement n’a pas sa place à cet endroit et sur les crêtes en général. Je ne suis personnellement pas opposé à la réalisation de tels circuits, certaines communes d’ailleurs en construisent, mais sur les hautes chaumes, en zone « Natura 2000 » et dans un site protégé, c’est inacceptable. Cette situation montre à quel point les discours sur l’aménagement des crêtes pour l’accueil des touristes, au nom bien sûr du « développement durable » servi à toutes les sauces, surtout les plus indigestes, ouvrent la porte aux pires dérives; situation laissant penser que la transformation des Hautes Vosges en parc d’attraction n’est pas si éloignée que cela, si personne ne réagit.
Ce milieu est particulièrement fragile et soumis à une pression touristique non contrôlée. Il serait temps que les institutions et les collectivités en prennent conscience, il serait temps que le Parc des Ballons joue enfin son rôle et affirme clairement des objectifs de protection des hautes chaumes pour lequel il a essentiellement été crée. La nouvelle rédaction de la charte du Parc vient d’ailleurs comme la précédente, d’être retoquée par le Conseil National de la Protection de la Nature (CNPN) au motif qu’elle prend très mal en compte cette mission.

Une indiscutable insertion réussie dans le paysage !!!

C'est l'hiver et je me souviens de "la chalande", ce gâteau aux raisins secs que cuisait ma grand mère et qu'elle servait tiède sorti du four de la cuisinière à bois certains après-midi neigeux. La cuisine seule pièce chauffée à l'époque conservait longtemps l'envoûtante odeur de la cuisson de cette pâte levée. La première dégustation d'une généreuse part de chalande tiède annonçait les suivantes, celles des lendemains, lorsque le gâteau après avoir légèrement séché et un peu durci, offrirait au palais des sensations différentes moins douces mais plus charpentées.
Je n'ai pas retrouvé dans les chalandes des boulangers locaux les saveurs et les textures de mon enfance, des chalandes de ma grand mère. Malheureusement l'uniformisation des goûts est passée par là, et les boulangers pensent qu'aujourd'hui le client ne saurait apprécier autre chose qu'une pâte briochée, si bien que ce qui est vendu sous l'appellation "chalande" ressemble comme deux gouttes d'eau à une brioche ou un Kougelhof. A quoi bon !!
Sous couvert d’expérimentation locale, des initiatives sont engagées un peu partout en France,
de façon diffuse par la Gendarmerie nationale, sous le nom anodin mais pas neutre d’une
opération « Voisins vigilants ». Les Vosges, est, au nombre des départements où l’on s’efforce
de mettre en œuvre ce type de dispositif qui nous dit-on « ne fait pas partie de la politique de
lutte contre l’insécurité, du gouvernement », et pourtant ce sont des responsables de la
gendarmerie nationale qui incitent les maires et les élus locaux à cautionner et à répercuter
l’opération !
De quoi s’agit-il ? Tout simplement de recruter, dans certains quartiers, des volontaires à qui
est confiée la mission de déceler « les choses anormales », et de les signaler à un référent ou à
l’unité de gendarmerie.
Ce dispositif est supposé avoir une action préventive… Mais, comment se conçoit l’équilibre
fragile entre vigilance, contrôle, intervention ? Qui fixe les limites ? Quels moyens fiables et
sûrs existeront permettant d’éviter le glissement, l’incident, voire le drame auxquels
pourraient conduire une mauvaise appréciation de la situation, un excès de zèle, l’absence des
forces de gendarmerie ou de police ?
C’est le rôle de la police républicaine d’assurer la sécurité et de poursuivre les délinquants. Ce
n’est pas aux simples citoyens de le faire. La mise en place de ce système, au-delà de son
évidente inefficacité ne peut que porter atteinte aux libertés individuelles et à la vie privée. La
question de la conformité de ce dispositif avec nos lois, valeurs et principes républicains est
clairement posée, nous sommes là devant une tentative de remise en cause des libertés
individuelles et collectives.
C’est pourquoi nous demandons au Préfet des Vosges de mettre un terme aux « expériences »
déjà engagées et de s’opposer à toute nouvelle initiative de ce type dans les communes du
département.
