Depuis quelques années le théâtre du peuple à Bussang nous présente un double visage. côté pile une augmentation du nombre de représentation avec notamment l'instauration d'un horaire du soir pendant la saison, ce qui constitue une intéressante innovation, côté face la programmation de pièces sous la houlette du directeur actuel, Pierre Guillois, et qui ont pour point commun de faire appel plus que de raison à la vulgarité du texte et de la mise en scène, particulièrement lorsqu'il en est l'auteur.
Nous sommes garantis d'avoir à chacune des pièces le privilège de contempler le cul d'un acteur voire de toute la troupe, d'être envahis de giclées d'hémoglobine sans oublier d'avoir à supporter des textes vulgaires et orduriers tellement vulgaire et orduriers qu'ils en deviennent risibles sans le vouloir.
Monsieur Guillois, les gesticulations sanguinolentes et ordurières que vous nous infligez ne choquent depuis longtemps plus personne, sauf sans doute quelques esprits faibles, elles ne provoquent pas plus le dégoût que l'écœurement si cela était le but recherché. Elles n'inspirent guère plus qu'un peu de pitié. En revanche là ou vous êtes impardonnable, c'est en laissant penser que vous vous inscrivez dans la tradition du théâtre du peuple. Non, mille fois non, votre conception, si cela en est une, ne se rattache en rien à celle du théâtre de Bussang qui nous a laissé au cours du temps des représentations d'exception de pièces classiques ou modernes, de créations contemporaines, qui ont fait sa réputation et sa notoriété. Notoriété, sur laquelle vous avez prospéré et sans laquelle vous auriez sans doute joué devant des salles à moitié vides ou à moitié pleines, c'est selon. Monsieur Guillois, votre passage à Bussang sera comme une parenthèse vite oubliée de l'histoire de ce théâtre, et c'est tant mieux. Bussang survivra.
La dernière saison confirme malheureusement tout cela. Les deux pièces montées, "Peau d'Âne" et "Le gros la vache et le Mainate" réussissent le tour de force de réunir en plus des caractéristiques citées plus haut, indigence de la mise en scène et misérabilisme des textes, qui s'étirent infiniment au détriment de la patience du spectateur qui refuse d'être l'otage de la facilité et des procédés, abondamment utilisés. Ces textes et mises en scène ont sans doute leur place sur TF1 entre deux séquences de télé-réalités bien crapoteuses mais n'ont rien à faire sur la scène du théâtre de Bussang.
Théâtralement vôtre

